05.05.2022

Relations publiques: 5 questions à Laurence Rausis

 

«On doit s’intéresser à tout ce qui nous entoure pour y lire « l’air du temps » et les tendances sociétales.» Caractéristiques, évolutions, compétences requises: Laurence Rausis, directrice de l'agence LRcommunication, répond à 5 questions sur son métier.

1. Comment êtes-vous arrivée dans les RP? 

Trois moments-clés ont déterminé le choix de cette branche professionnelle. La première prise de conscience a eu lieu à Paris, lors d’un stage dans une maison d’édition. Je me suis rendue compte alors que ce qui m’intéressait dans la vie d’un livre était non pas son élaboration, mais son histoire à partir de sa commercialisation. Plus tard, en fin d’études de littérature française, j’ai rédigé mon mémoire de licence sur la perception qu’avait Marguerite de Valois d’elle-même dans son autobiographie. Son travail de posture me fascinait. Ces premiers ressentis se sont concrétisés lors de mon premier job dans un office du tourisme: comment décrire idéalement ma région en restant vrai? Ce «comment», là, ne m’a plus quittée.

2. Qu’appréciez-vous dans votre métier? 

J’aime la diversité qu’il offre, notamment en agence. En un clin d’œil, en un coup de téléphone, on passe d’une problématique de votation populaire à celle d’une situation de crise avec les médias. D’une association à un service étatique. D’une PME à un.e politicien.ne.

J’aime les qualités qu’il demande aussi: de l’instinct et de la méthode. De la créativité alliée à de la rigueur. Une lecture du monde critique. L’anticipation des tendances de la société.

3. Les RP ont-elles beaucoup évolué depuis vos débuts? Quels sont les changements marquants?

Je n’ai pas une longue expérience, mais ce que je constate c’est qu’aujourd’hui on cherche, par la communication, à éviter les tempêtes médiatiques. On se méfie de la presse. Mais cela découle aussi d’un changement d’attitude des médias! On a l’impression que la tempête médiatique peut s’abattre à tout moment sur une institution, sur une personne, et que l’agonie est programmée. Du coup la tendance est à la protection. Mais c’est une mauvaise stratégie. Il faut intervenir en amont, lors des choix: est-ce que je les assume? Est-ce que si cela devient public j’assume? Les outils des relations publiques doivent créer des liens, aider à ce que les gens se comprennent. On doit redevenir une société du vrai. C’est en tout cas ce que je prône auprès de mes clientes et clients.

4. Quelles sont les qualités et compétences requises pour travailler dans les RP?

La première qualité, c’est l’empathie. On doit être capable de mettre de côté son ego pour «porter les habits» des personnes impliquées dans la démarche de communication. La seconde, c’est la curiosité. On doit s’intéresser à tout ce qui nous entoure pour y lire «l’air du temps» et les tendances sociétales.

Les compétences requises? La maîtrise de la langue d’abord, écrite et orale. Elle est notre premier outil de travail. Ensuite il faut une certaine rigueur, notamment lorsque l’on est impliqué.e dans des projets complexes. Il faut pouvoir définir une stratégie en respectant des délais et des budgets définis, souvent serrés. Tout en restant créatif!

5. Quelles sont les principales différences entre les RP et le marketing ?

Pour moi, les RP définissent un rapport de confiance, et le marketing un rapport commercial.