Nos membres soutiennent la SSR
Initiative «200 francs, ça suffit»: les membres de la SRRP largement opposé-es
Dimanche 8 mars, la population suisse se prononcera sur l’initiative «200 francs, ça suffit», qui demande que la redevance des ménages privés soit limitée à 200 francs par an. Elle veut également en exonérer toutes les entreprises.
En tant qu’association professionnelle active dans les relations publiques et la communication, nous avons souhaité prendre le pouls de nos membres. Comment perçoivent-ils et elles cette initiative? Quels arguments avancent-ils et elles?
Nous avons lancé un sondage interne. Les résultats convergent de manière forte vers le non:
- 90% se disent opposées à l’initiative.
- 10% la soutiennent.
Les arguments du NON: démocratie, cohésion, pluralisme
Du côté des personnes qui voteront non, un fil rouge se dessine très nettement: la défense d’un service public fort, perçu comme un pilier de la démocratie helvétique.
Plusieurs arguments reviennent de manière récurrente:
- Une information vérifiée, pondérée, représentative de la pluralité des opinions est considérée comme indispensable au bon fonctionnement démocratique.
- La SSR est vue comme un acteur central de la cohésion nationale, notamment en raison de son offre en quatre langues. Une baisse à CHF 200.– serait perçue comme un risque accru pour les minorités linguistiques.
- De nombreuses personnes expriment la crainte d’un affaiblissement structurel du paysage médiatique, au profit d’intérêts privés ou partisans.
- La redevance actuelle soutient un écosystème plus large: coproductions, couverture culturelle et sportive, employabilité dans les régions.
- Certain-es rappellent que la SSR fait déjà face à des baisses de recettes publicitaires, à des restrictions en matière de publicité en ligne et à des réductions budgétaires importantes.
Pour la grande majorité des répondant-es, voter oui reviendrait à appauvrir l’accès à une information indépendante et à fragiliser le multilinguisme et la diversité culturelle du pays.
Les arguments du OUI: périmètre, coûts, ligne éditoriale
Les 10% des membres favorables à l’initiative avancent, eux et elles, d’autres considérations.
Leur position ne remet pas en cause l’existence du service public – actée selon eux depuis le vote «No Billag» – mais questionne son périmètre et son financement.
Parmi les arguments évoqués:
- La nécessité d’une introspection réaliste sur l’étendue des missions de la SSR dans un univers médiatique profondément transformé.
- L’idée qu’une «cure d’amaigrissement» permettrait malgré tout de maintenir un travail de qualité.
- La critique d’une redevance désormais indépendante de l’usage effectif du service.
- Des réserves sur la ligne éditoriale et la représentation politique perçue au sein de la rédaction.
- Une remise en question de l’utilité opérationnelle de la SSR en situation de crise.
Ces voix minoritaires plaident donc pour une redéfinition du modèle, davantage que pour une suppression pure et simple du service public.
Un débat qui touche au cœur de nos métiers
Au-delà des positions individuelles, cette initiative touche à des enjeux fondamentaux pour la communication, les médias et la formation de l’opinion publique. Le débat est riche tant il questionne notre rapport à l’information!
Résultats dans quelques jours. Merci à toutes les personnes qui ont partagé leur opinion!
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Note: le sondage a recueilli 31 réponses, soit un taux de participation d'environ 15%. Les chiffres sont donc à prendre avec prudence, mais ils semblent tout de même correspondre au ressenti général des conversations avec des professionnel-les de la communication et des RP.