23.06.2022

Relations publiques: 5 questions à Antonin Reymond

 

«Le seul moyen de sortir du lot est de donner du sens et de la pertinence à chaque action de communication, de chercher à entrer en résonnance avec sa cible et de pratiquer les RP avec un sens aigu de l’éthique et de la responsabilité.» Cette semaine, retrouvez Antonin Reymond, chargé de communication à la Fédération des Entreprises Romandes Genève, dans notre série d’interviews «Relations publiques: 5 questions à un·e pro».

Comment êtes-vous arrivé dans les RP? 

Alors que je travaillais dans le domaine bancaire après avoir terminé un bachelor d’économiste d’entreprise, j’ai rencontré l’associée d’un cabinet de conseil en communication stratégique. Elle m’a proposé de la rejoindre et de me «sauver de la banque». J’ai alors découvert le monde passionnant des RP et essentiellement de tout ce qui ne se voit pas en matière de communication, en accompagnant des clients de toutes sortes dans leurs réflexions de stratégie de communication, d’affaires publiques ou de communication de crise notamment.

Qu’appréciez-vous dans votre métier? 

J’aime le grand écart constant entre les réflexions d’ordre stratégique et les aspects les plus opérationnels. J’aime la nécessité d’une remise en question permanente pour s’assurer d’avoir bien identifié les problématiques pour y apporter les solutions les plus appropriées. J’aime la diversité des interlocuteurs, tant internes qu’externes, qu’on est appelé à côtoyer. J’aime les différences de rythme entre travail de fond à long terme et la nécessité de réactivité.

Les RP ont-elles beaucoup évolué depuis vos débuts? Quels sont les changements marquants?

J’ai d’abord eu l’occasion en agence de pratiquer les aspects les moins visibles des relations publiques, notamment la stratégie, les affaires publiques ou les relations médias. J’ai ensuite expérimenté en entreprise la communication visuelle, la production de contenu, le web et les réseaux sociaux. Toutes ces pratiques sont marquées par une évolution majeure : la recherche de sens, d’impact et d’éthique. Face à la masse croissante d’information et de médias, le seul moyen de sortir du lot est de donner du sens et de la pertinence à chaque action de communication, de chercher à entrer en résonnance avec sa cible et de pratiquer les RP avec un sens aigu de l’éthique et de la responsabilité, puisque l’on contribue à façonner l’opinion publique.

Quelles sont les qualités et compétences requises pour travailler dans les RP?

Pour moi il est essentiel d’être curieux et de bénéficier d’un bon esprit critique. Il faut pouvoir sortir du cadre des RP au sens strict pour s’immerger dans le contexte de chaque projet. Ce n’est qu’à ce prix qu’on est en mesure de remettre en question ce qui nous est présenté ou demandé pour s’assurer de proposer des solutions pertinentes et qui apportent du sens et de la valeur.

RP et communication: quelle différence?

Je perçois les RP d’avantage comme les relations (avec les différents) publics que comme les relations publiques. En ce sens elles comprennent les interactions avec l’ensemble des parties prenantes d’une entreprise ou d’une organisation, la communication étant une de leurs composantes, selon les publics visés. Dans d’autres cas, il peut s’agir de recourir par exemple aux relations médias ou aux affaires publiques. C’est cette vision globale des relations avec les publics qui est garante de la cohérence et de la coordination de l’ensemble des actions RP.